Femmes emblématiques d’Irlande et de Bretagne

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Femmes emblématiques et inspirantes
d’Irlande et de Bretagne.

femmes inspirantes d'Irlande et de Bretagne

Dans les brumes irlandaises ou sur les côtes bretonnes, les légendes et l’histoire sont peuplées de femmes qui ont marqué leur temps.
Entre mythes et réalité, certaines sont restées dans les mémoires.
Nul doute que « la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars dernier, offre au comité de jumelage de Guidel – Carrigaline l’opportunité d’évoquer certaines guerrières, saintes, duchesses ou aventurières.
Toutes défient le temps et l’oubli.

Des femmes intemporelles

Qu’elles soient mythiques ou bien réelles, ces femmes incarnent la force, le courage et l’audace qui ont façonné leurs terres.
Les connaître, même dans les grandes lignes, c’est se plonger dans l’âme de ces régions, entre histoires maritimes, légendes mystiques et dynamiques politiques.
Elles nous rappellent que la mémoire et le charisme féminins traversent le temps, reliant Irlande et Bretagne dans une admiration partagée et intemporelle.

A l’image de Grace O’Malley, la redoutable reine des mers irlandaise,de Sainte Brigit, sage et protectrice, de Jeanne de Belleville, corsaire audacieuse ou encore Anne de Bretagne, duchesse visionnaire, leur histoire vaut la peine de s’y arrêter.

Irlande et Bretagne, deux terres de légendes où des femmes emblématiques ont laissé une empreinte indélébile.

Duchesse de Bretagne et deux fois reine de France

La femme phare de la Bretagne

Anne de Bretagne naît le 25 janvier 1477 à Nantes. Elle est la fille du duc François II.
En 1488, à la mort de son père et à seulement 11 ans, elle devient duchesse de Bretagne. Elle représente alors la clé du pouvoir en Bretagne. Aussi celui qui l’épouse peut espérer contrôler le duché.
Son duché est alors convoité par le royaume de France.
Afin de préserver l’indépendance du duché, elle épouse par procuration Maximilien d’Autriche en 1490. Mais ce mariage est contesté par le roi de France Charles VIII. Celui-ci envahit la Bretagne et Anne est contrainte de l’épouser en 1491. Elle devient alors reine de France.

À la mort de Charles VIII en 1498, elle retrouve temporairement l’exercice du pouvoir en Bretagne avant d’épouser son successeur, Louis XII, en 1499, redevenant reine de France.

Durant toute sa vie elle s’efforce de préserver les privilèges et l’autonomie de la Bretagne au sein du royaume.
Elle donne naissance à plusieurs enfants, dont Claude de France, qui épousera François 1er et deviendra à son tour reine de France.

blason d'Anne de Bretagne
Femmes emblematiques d'Irlande et de Bretagne Anne de Bretagne

Anne de Bretagne meurt le 9 janvier 1514 au château de Blois. « La Reine est morte » crient les bretons.
Son corps est inhumé dans la nécropole de la basilique de Saint-Denis. Mais son cœur est placé dans un reliquaire d’or conservé à Nantes, symbole fort de son attachement à la Bretagne.

anne de bretagne

Anne de Bretagne compte toujours pour les bretons

Incarnant l’indépendance et l’identité bretonne et dernière duchesse souveraine, Anne de Bretagne symbolise la défense des libertés du duché face à l’intégration au royaume de France.
Ainsi, son souvenir reste associé à la fierté régionale, à la culture bretonne et à l’histoire singulière de la Bretagne.

Pirates par amour et vengeance

Jeanne de Belleville
(vers 1300 – 1359)

Jeanne de Belleville naît vers 1300 en Bretagne. Issue d’une grande famille noble, elle épouse Olivier IV de Clisson. Mais en 1343, son mari, refusant de se soumettre au roi de France, est accusé de trahison. Il est exécuté à Paris. Convaincue de son innocence, Jeanne décide de se venger. Et c’est ainsi qu’elle vend ses biens, arme des navires et devient une véritable «pirate» au service du roi d’Angleterre durant la guerre de Cent Ans.

À la tête d’une petite flotte surnommée la « flotte noire », elle attaque les navires français dans la Manche, traquant particulièrement ceux liés au roi de France. Après plusieurs années de combats, elle trouve refuge en Angleterre, puis finit sa vie en Bretagne où elle meurt en 1359.

Femmes emblematiques d'Irlande et de Bretagne Jeanne de Belleville la tigresse bretonne

Surnommée « la Tigresse bretonne » , Jeanne de Belleville est restée dans l’histoire. En effet, elle incarne une femme de caractère, symbole de courage, de loyauté conjugale et d’esprit de revanche dans une époque troublée. Connue en tant que première femme pirate de l’Histoire.

Son émouvante confession demeure inoubliable.
« Je n’avais pas le droit de l’aimer… pourtant un seul regard a suffi pour que nous sachions que nous étions l’un à l’autre jusqu’à notre dernier souffle.
Quand le roi de France me l’a arraché en toute injustice, tout cet amour s’est transformé en haine. Cette soif de vengeance a fait de moi l’être impitoyable que l’Histoire a retenu sous le nom de la Tigresse bretonne.
Voici ma confession. Sans espoir de pardon. Et sans regrets. » 

Grace o’ Malley
(vers 1530 – 1603)

Grace O’Malley (Granuaile en gaélique) voit le jour vers 1530 dans le comté de Mayo, en Irlande, au sein d’une famille de chefs gaéliques marins.
Très jeune, elle s’impose dans un monde dominé par les hommes. Aussi, sans surprise, elle prend la tête de la flotte familiale à la mort de son père.
Navigatrice talentueuse et fine stratège militaire, elle devient une figure célèbre de la côte ouest de l’Irlande.
Mêlant commerce, piraterie et politique, elle n’aura de cesse de lutter contre la domination anglaise qui refuse de laisser la mer aux irlandais.

À une époque où l’Angleterre cherche à renforcer son contrôle sur l’Irlande, Grace résiste à l’autorité anglaise.
En 1593, elle rencontre la reine Élisabeth 1ère à Londres pour négocier la libération de membres de sa famille et défendre ses intérêts. Défiant les normes de la cour, elle se présentera devant la reine Elisabeth en pirate.
Elle meurt vers 1603, année de la mort d’Élisabeth 1ère.

Femmes emblematiques d'Irlande et de Bretagne o malley femme pirate irlandaise

Incarnation de la résistance irlandaise face à la domination anglaise, figure d’indépendance, de courage et de liberté, Grâce O’Malley est un symbole national. Plus particulièrement pour l’identité culturelle irlandaise et pour la place des femmes dans l’histoire du pays.

Des saintes

Sainte Brigid (Brigitte d’Irlande)
(vers 451 – 525)

Le monastère de Kildare

Sainte Brigid naît vers 451 en Irlande, peu après l’évangélisation de l’île par saint Patrick. Selon la tradition, elle fonde vers 480 le monastère de Kildare, qui devient l’un des plus importants centres religieux d’Irlande. Elle est connue pour sa grande générosité envers les pauvres et les malades.

Traditions celtiques & Christianisme

De nombreux miracles lui sont attribués.
Sainte Brigid aurait mêlé traditions chrétiennes et héritages celtiques, ce qui a facilité l’enracinement du christianisme en Irlande. Elle meurt vers 525 et est vénérée comme l’une des saintes patronnes principales de l’Irlande, avec saint Patrick et saint Colomba.

Sainte Brigitte d'Irlande

Sainte Brigid compte encore aujourd’hui pour les Irlandais car elle symbolise à la fois la foi chrétienne et les racines celtiques du pays. Sa fête, le 1er février, correspond à l’ancienne fête païenne d’Imbolc et reste célébrée. Elle représente la charité, la protection et l’identité spirituelle irlandaise.

la croix de ste brigid

La croix de Sainte Brigitte : une croix emblématique du christianisme en Irlande. En joncs tressés, elle est utilisée à chaque 1er février… le jour de la St Brigitte. Cette date coïncide avec la fête païenne de Imbolc, marquant le début du printemps. Période de renouveau et de purification, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la signification de la croix.

Sainte Anne
(1er siècle , dates incertaines)

Sainte Anne, sainte patronne de la Bretagne symbolise la foi, la protection et l’identité religieuse bretonne.
Le grand pardon de Sainte-Anne-d’Auray rassemble chaque année des milliers de fidèles, perpétuant une tradition profondément ancrée dans la culture bretonne.

Présentée comme une femme pieuse qui, après une longue attente, donne naissance à la Vierge Marie, Sainte Anne serait donc la grand-mère de Jésus.
Elle aurait vécu au Ier siècle en Palestine.

Statue de Ste Anne

En Bretagne, son culte a pris forme au XVIIe siècle après des apparitions à un paysan breton,Yves Nicolazic. En 1624, la sainte lui demande de construire une chapelle à l’endroit même où, presque mille ans plus tôt, un lieu de culte lui était dédié. Sur ses conseils, Yves Nicolazic trouva, à l’endroit exact de l’ancienne chapelle, une statuette semblant représenter la grand-mère du Christ. Grâce à cette découverte, le culte de sainte Anne s’est propagé en Bretagne, faisant d’elle la grand-mère des Bretons. Un sanctuaire lui fut érigé à Sainte-Anne d’Auray.

Sainte Anne d'Auray

Bon à savoir sur Sainte-Anne

A Branderion, entre Hennebont et Landévant (56), vous avez également une chapelle Sainte-Anne. Elle date du IXè siècle. Elle est considérée comme le plus vieux sanctuaire de Bretagen dédié à Sainte-Anne. Elle a été restaurée entre 1972 et 1974 grâce au Comité de Chapelle « les Amis de Santez Ana Goh ».

Elle est ouverte et accessible au visiteur de passage. La statuaire est très belle. Les vitraux remarquables.

Lors de votre visite, vous aurez peut-être la chance de croiser un des membres du comité qui vous narrera cette belle et très ancienne histoire de la chapelle Sainte-Anne.

Un pèlerinage qui date des Croisés

Les premiers pèlerinages liés à Sainte Anne auraient donc commencé dans ce lieu. Et la chapelle aurait été agrandie car il y avait de plus en plus de pèlerins à venir rendre un hommage dévot à cette sainte.

La visite de cette chapelle s’impose. Elle est en bord de route, accessible à toutes et tous pour un moment de recueillement ou pour rendre hommage au comité pour avoir restauré ce bel édifice, patrimoine de notre Région bretonne.

Un autre lieu vénérant Sainte-Anne se situe à Sainte-Anne-la-Palud. La chapelle accueille chaque année, pour le dernier week-end du mois d’août, l’un des plus importants pardons de Bretagne. On l’appelle aussi le « grand pardon » et s’étale sur 4 jours.

Ces femmes vous inspirent,
retrouvez quelques titres et découvrez plus amplement leur histoire.

Femmes fondatrices d’identité.

Ces femmes, qu’elles aient été duchesse, pirate ou sainte, sont devenues bien plus que des personnages historiques ou religieux. Elles sont des figures fondatrices d’identité.

En Bretagne comme en Irlande, où l’histoire est marquée par les questions d’autonomie, de culture et de foi, elles incarnent la mémoire collective, la résistance et la transmission des traditions.

Elles montrent aussi que l’histoire des mondes celtiques ne s’est pas construite uniquement autour de figures masculines. Mais aussi grâce à des femmes de caractère, de foi et de pouvoir.

Une suite s’impose.

C’est avec un réel plaisir que l’équipe du comité de jumelage serait heureuse de découvrir vos propres ouvrages et coups de cœur sur ces femmes emblématiques d’Irlande et de Bretagne …Retrouvons – nous!

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